Testudo hermanni  (Gmelin, 1789)

Classification :
Ordre : testudines
Sous-ordre : cryptodira
Famille : testudinidae
Genre : testudo


DESCRIPTION :
(anciennement Testudo hermanni hermanni) désormais, Testudo Hermanni, elle  est la seule tortue terrestre autochtone en France, où elle ne vit plus que dans les Maures et en Corse(surtout Sud de l'ile). Adulte, elle est de taille relativement moyenne entre 14 et 20 cm (le mâle étant plus petit que la femelle).

Il existe deux souches(morphotypes) :

Généralités (éléments indicatifs) :

- la varoise  : (la plus petite); la peau est plus jaune.  Pas de ligne noire sur la face interne du plastron (le plus souvent aucune mais certains sujets peuvent en avoir une, voire deux).      L'entre-deux de séparation entre la 1ere vertébrale et de la seconde est droit. On dénombre très souvent 5 griffes aux pattes avant. Les mâles présentent un aspect  plutôt ovale.              

- la Corse. (la plus grande); la peau est généralement assez sombre, et le dessus de la tête est parsemé de petites taches jaunes. La face interne du plastron, sous la gorge, présente 2 bandes noires (dans la majorité des cas). La V2 est souvent convexe vers l'avant.  On dénombre de 4 à 5 griffes aux pattes avant. Mâles  de forme  trapézoïdale.

La dossière est d'un jaune plus ou moins vif qui contraste avec l'éclat des taches noires sur chaque écaille. Le plastron forme deux bandes longitudinales parallèles (alors que chez sa cousine orientale, la testudo boettgeri, il s'agit de lignes discontinues). La pointe de la queue est armée d'une griffe cornée. L'écaille supracaudale se divise en deux  dans la grande généralité (chez la graeca, la supracaudale est unique, dans de très rares cas, divisée en deux). Aucun éperon corné sur les cuisses arrières comme chez la graeca.
On observe sur la dernière écaille vertébrale ce qu'on appelle souvent "bouchon de champagne", voire "trou de serrure", forme de la tache très caractéristique.
On note une tache jaune sous l’œil, nommée tache sub-oculaire, qui permet entre autres facteurs de déterminer l'espèce d'un simple coup d’œil.
La maturité sexuelle est atteinte à 8 ans pour un mâle et 10 ans pour une femelle (données en captivité, car à l'état sauvage, le stade de maturité est autrement moins précoce). Le dimorphisme sexuel apparait, lui, aux alentours de 5/6 ans. Le mâle possède un  plastron légèrement concave (plat chez la femelle), la queue est plus longue et épaisse, l'échancrure anale plus largement évasée tandis que l'écaille supracaudale est incurvée vers le bas et le cloaque plus distant de la base de la queue.

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Tâche sub-oculaire.


 

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Ecaille supracaudale double. Notez également les bords relevés qui indiquent une femelle


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Plastron caractéristique avec deux bandes noires continues.

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Mâle TH. Notez l'échancrure anale très évasée et la griffe cornée sur le bout de la queue.

RÉPARTITION :
Massif des Maures et Corse. Habitat fait de garrigue, maquis et  forêts clairsemées de chênes-lièges.Elle est également présente en Catalogne, aux Baléares, dans l'ouest et le sud de l'Italie, ainsi que dans le Péloponnèse. Les populations et aires de répartition ne cessent de subir des dommages causés par les incendies, l'urbanisation galopante, sans compter les prélèvements intempestifs.

MAINTENANCE EN CAPTIVITÉ :
L'enclos doit être le plus vaste possible, minimum 15 m2 pour un couple.
Les juvéniles seront, eux, logés dans leur enclos propre ( isolés des tortues adultes s'il y a), sécurisé par le haut et le bas, d'environ 2 mètre sur 2 mètre, et ceci jusqu'à 5/6 ans, âge auquel ils pourront vivre dans un enclos plus grand et sans renfort de protection excessif. Pour les petits, il y a autant à craindre des oiseaux (pies, corbeaux) que des rats, ou des chiens.
Les clôtures doivent être enfoncées dans le sol à une hauteur de 20/30 cm, la hauteur de grillage peut être de 30/50 cm, voire moins s'il y a retour intérieur (10 cm) et coins dans les angles afin d'empêcher les escapades de nos aventureuses carapaces . Le bas de la clôture peut être masqué et renforcé par des rondins, ou planches, ce qui permet d'éviter qu'elles cherchent constamment à vouloir sortir de l'enclos.
Il est hautement recommandé de planter des mauvaises herbes dans l'enceinte afin de laisser les tortues se servir elles-mêmes, sans intervention humaine.
Les mauvaises herbes sont nombreuses.
Citons : plantain, pissenlit, trèfle, laiteron, etc..[color=red]attention[/color], il faut rester vigilant car toutes les mauvaises herbes ne sont pas bonnes et certaines peuvent se révéler toxiques. Évitez le lierre et les laurier-rose à proximité des enclos.
La cabane bourrée de foin est située en hauteur à l'abri de toute humidité et vent, de manière à profiter des premiers rayons du soleil matinal. On peut lui adjoindre un toit en plexiglas, voire une serre au tout début du printemps si les températures tardent à monter. L'été, il convient d'ouvrir tout ou partie de cette serre, voire de l'ôter de l'enclos car elle peut vide devenir une étuve.
Les individus mâles matures sexuellement doivent être maintenus en enclos séparé s'il est établi qu'il y a  harcèlement envers les femelles. Sinon, 1 mâle pour trois femelle est un bon équilibre, compte tenu du fait que les mâles sont très insistants.
La testudo hermanni n'est en principe pas sujette à la rhinite contagieuse. Néanmoins, il est impératif de respecter quelques règles simples : une espèce =un enclos. Tout nouvel arrivant doit être mis en quarantaine et vermifugé.
Ne jamais introduire d'individus malades ou ayant pu être contaminé par d'autres espèces comme la testudo graeca (risque mortel).

ALIMENTATION : voir section Alimentation.

REPRODUCTION :
pontes en mai et juin, souvent 1 à 3 mois après la sortie de l’hibernation, de 1 à 3 fois dans l'année.   Vous observerez trois semaines environ après chez la femelle des signes de nervosité, reniflements du sol et de l'air, et de multiples trous qu'elle creusera avant de trouver le bon endroit pour sa ponte. Entre la ponte et l'éclosion se passeront de 65 à 90 jours, selon le type d'incubation et si coupure ou non jour/nuit.

HIBERNATION :
Aux environs des  mois d'octobre/novembre , la tortue se réfugie dans sa cabane plus longuement, ne sortant que rarement si le soleil se montre généreux, elle commence à s'enterrer. Laissons la faire. Soit, elle hibernera sous la cabane grâce à une épaisse couche de terre, bien protégée des rongeurs (il suffira de protéger le tout de bâche contre la pluie et d'un voile d'hivernage les jours de gelées), soit elle hibernera en cave, dans un caisson rempli de terre de bruyère ou terre de jardin plus une couche de feuille de noyer et de paille au-dessus. Dans les deux cas, une surveillance constante (mais sans toutefois déranger les tortues) sera apportée concernant la température (comprise entre 5 et 8°) et l'hygrométrie (80/85%).

LÉGISLATION :
Cette tortue est placée en Annexe 2 de la Convention de Washington, classée en Annexe A du Règlement européen. L’arrêté du 10 août 2004, impose au futur propriétaire de faire une demande d’autorisation de détention, avant acquisition (AEA).

 

 

Voilà Cléopâtre femelle 25 ans

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Roméo mâle 6 ans

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Outre l'échancrure anale très prononcée, l'épaisseur de la queue, notez également que la dossière se recourbe vers l'intérieur chez les mâles.

Mes plus vifs remerciements à NISOU du forum Les amis des carapaces qui m'a permis d'utiliser ses photos.